
La dispersion est un élément important de la vie des plantes.
Elle permet de diminuer la compétition entre individus, d'atteindre les habitats favorables
et de prendre en compte les variations spatio-temporelles du milieu,
d'échanger des individus entre populations (brassage génétique)
et de créer de nouvelles populations.
Les modes de dispersion observés dans la famille des Amaryllidaceae emploient la plupart
des agents disperseurs classiques : vent, eau, mammifères, oiseaux, fourmis.
Ce mode de dispersion concerne un grand nombre d'espèces des lieux où soufflent de forts vents, c'est à dire dans les milieux ouverts et dans la canopée.

Ce phénomène se rencontre dans la tribu Amaryllideae, particulièrement les genres Boophone, Brunsvigia, Ammocharis, Cybistetes ...
Après maturité, la hampe se brise libérant une ombelle sur laquelle le vent a prise grâce aux longs pédicelles portant les capsules et capable de rouler par sa forme sphérique.
C'est ainsi que les lourdes graines charnues de ces genres sont dispersées dans les plaines.
Ce comportement des ombelles vaut le nom de "tumbleweed" à ces plantes en Afrique du Sud
et est à l'origine du nom botanique de Cybistetes (du grec kubistetes).
Photos : Nerine laticoma dans le Kalahari une année sèche (mai 2003). Notez les ombelles accumulées par le vent au pied des buissons. - Voir la plante et son environnement habituel.
Ces graines empilées dans les capsules, plates, sèches et légères, sont aisément portées par le vent à une faible distance. Dans l'ancien monde cela ne concerne que les genres Cyrtanthus et Ungernia mais c'est le cas le plus répandu en Amérique : toutes les Hippeastreae (sauf les espèces forestières Eithea (Griffiniopsis) et Hippeastrum reticulatum), Worsleya, les Eustephieae, Stenomesseae et Clinantheae. Parmi ces dernières tribus, plusieurs genres ont une petite aile située à l'extrémité de la graine. Dans la tribu Clinantheae, cette aile rudimentaire a été mise à profit par l'évolution pour développer une véritable aile portante chez le genre Pamianthe.
Les graines ailées de l'épiphyte Pamianthe peruviana sont particulièrement adaptées à une dispersion aérienne. Leur chute lente animée d'un mouvement giratoire permet une longue durée de vol et donc un transport plus lointain.
Crinum campanulatum : graines dispersées sur l'eau des marais.
Leucojum aestivum : capsules flottantes sur l'eau des marais et ruisseaux.
Pancratium maritimum et autres espèces, ainsi que certains Crinum et Hymenocallis.
Les baies produites par cette tribu semblent intéresser aussi bien les oiseaux que les mammifères..
Par exemple, les graines de Scadoxus pole-evansii*
seraient dispersées dans la forêt par les singes "Samango" et par des oiseaux tels les "Green Louries".
Les graines de Clivia ou même de Scadoxus peuvent ainsi se retrouver dans les arbres.
Dans les forêts humides on observe parfois leur développement en épiphytes opportunistes
dans les débris végétaux accumulés à la fourche des branches.
Photo : Baies de Scadoxus puniceus. Photo L. Viljoen.
A la différence des autres Hippeastrum, chez H. reticulatum, espèce forestière, les graines sont sphériques, lourdes, peu nombreuses. A maturité, la capsule ouverte, intérieurement rouge vif, sert d'écrin attractif à ces graines noires brillantes. Photo de capsule et graines : http://sites.uol.com.br/mpeixoto/amaryl/reticulatum.html (jpg).
Les Eucharis sp., plantes forestières, ont à la différence de leurs frères Stenomesseae, de lourdes graines sphéroïdes noires brillantes, peu nombreuses. Chez certaines espèces (sous genre Eucharis) les capsules sont extérieurement orange vif.
Si les graines d'H. reticulatum et d'Eucharis se distinguent de leurs proches
parentes, c'est qu'elles sont adaptées à un environnement écologique différent :
En milieu forestier le vent est inopérant, d'où recours à la zoochorie.
D'autre part en raison de la pénombre les plantules ont besoin d'une quantité d'énergie supérieure
pour s'établir efficacement, et donc de plus grosses graines.
Dans la dispersion par le vent les graines doivent être très légères (sauf cas des plantes roulées).
Comme on est ici en milieu ouvert la lumière sera suffisante aux petites plantules.
Les graines doivent par contre être nombreuses pour compenser les aléas de leur distribution à l'aveugle.

Sont concernés tous les Galanthus et Leucojum vernum.
Les graines de Pancratium tenuifolium et de Narcissus rupicola (photo) ont un appendice évoquant un élaïosome.