Séance du 14 août 1862. (Société Impériale et Centrale d'Horticulture)
1862, page 337
- Enfin M. Binot (J. B.), horticulteur à
Pétropolis, près de Rio-Janiero (Brésil),
envoie deux pieds d'un Amaryllis qui at-
teint 3 mètres de hauteur, et auquel il
donne le nom d'Amaryllis Impératrice du
Brésil. « Les feuilles de cette plante gigan-
tesque, dit-il, sont oblongues, arquées dans
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leur longueur, marquées de nombreuses
lignes longitudinales alternativement vertes
et jaunâtres ; la loupe montre que ces der-
nières sont dues à des poils très-courts qui
manquent entièrement sur les premières.
Une hampe longue souvent de plus d'un
mètre, très-comprimée et large de 0m.05 à
0m.08, porte à son extrémité 8 à 12 fleurs
d'un beau violet, rayées et piquetées de
blanc, qui exhalent une légère odeur de
vanille. »
(Amaryllis gigantea Duchartre 1863, non Van Marum)
Séance du 12 février 1863
Parution : 16 février 1863 ?
1963 (4): 78
Dans le courant de l'année 1862, la So-
ciété reçut du Brésil deux oignons d'une
Amaryllidée qui avait été découverte par un
de ses correspondants, M. Bineau, sur une
montagne près de Petropolis, aux environs
de Rio-Janeiro. Ces oignons confiés aux
soins d'habiles jardiniers, ont parfaitement
prospéré. M. Duchartre annonce aujour-
d'hui la floraison de l'un d'eux, qui vient d'a-
voir lieu à Rocquencourt, chez Mme Fur-
tado. C'est, comme le fait remarquer
M. Duchartre, un événement horticole tout
en l'honneur de la Société centrale, car on
lui devra l'introduction en France et la pre-
mière floraison en Europe d'une plante ma-
gnifique. Cette Amaryllis fait partie de la
section Hippeastrum ; ses oignons très-volu-
mineux donnent naissance à une plante qui
atteint de 2 à 3 mètres de hauteur, et qui,
en raison de cette taille, mérite le nom d'A-
maryllis gigantea, que lui a donné M. Du-
chartre. Sa tige, aplatie sur les bords, me-
sure de 0m.07 à 0m.08 de largeur. Les
feuilles recourbées en forme de cimeterre,
forment au bas de la plante une gaine dont
la forme est analogue à celle des Bananiers.
L'inflorescence se compose de 8 à 12 gran-
des et belles fleurs d'un violet tendre,
nuance, comme on le sait, inconnue jus-
qu'à présent dans les fleurs d'Amaryllis,
et finement striées et pointillées de blanc.
L'Amaryllis gigantea qui constitue, comme
on le voit, une des plus remarquables ac-
quisitions de l'horticulture moderne, sera
sous nos climats une plante de serre tem-
pérée, où elle pourra se reproduire de
graines.
(Amaryllis procera Duchartre 1863, non Salisb.)
Séance du 26 février - Parution : 16 mars 1863 ?
(6): 114
M. Rivière a apporté des serres du Luxem-
bourg, deux magnifiques spécimens en fleurs
de l'Amaryllis gigantea dont il avait été ques-
tion dans la séance précédente. A ce sujet,
M. Duchartre prend la parole, pour faire
d'abord remarquer que le nom de gigantea
n'est pas le plus convenable qu'on puisse
donner à cette espèce, et pour proposer celui
de procera. L'éminent secrétaire-rédacteur
annonce ensuite que la brillante Amaryllidée
ne sera sans doute pas rare en France aussi
longtemps qu'on le supposait, car M. Binot
en a envoyé du Brésil plusieurs pieds et des
graines à un horticulteur de Bordeaux.
M. André ajoute qu'on en a également reçu
à la Muette 30 graines environ.
Lettre du major Taunard à M. Milleret
sur la flore équatoriale et le commerce horticole dans ces contrées.
Séance du 10 septembre - Parution : 16 septembre 1863
(18): 356
L'habile jardinier en chef du Luxem-
bourg donne ensuite lecture à la Société
d'une lettre écrite du Brésil et qui cont-
ient d'intéressants détails sur l'Amaryllis
procera d'abord, et sur les dévastations opé-
rées dans les provinces brésiliennes, par les
exploiteurs allemands, français, anglais, qui
enlèvent toutes les Orchidées, les Bromélia-
cées, les Cactées, les Aroïdées, en un mot
toutes les plantes dignes d'attirer l'attention
des amateurs.
Parution : 1 novembre 1863
402
CHRONIQUE HORTICOLE (DEUXIÈME QUINZAINE D'OCTOBRE).
- L'horticulture des pays tropicaux pré-
sente le plus haut intérêt pour nos climats
tempérés, à cause de tous les problèmes
d'acclimatation qu'elle nous force de résoudre.
Aussi nous pensons qu'on lira avec plaisir
les extraits suivants d'une lettre adressée de
Rio-de-Janeiro, le 5 juillet 1863, à M. Mille-
ret, par M. le major Taunard. Celte lettre
nous a été communiquée par M. Rivière;
elle contient des détails nouveaux sur la flore
brésilienne, sur les soins à prendre pour la
culture des plantes équatoriales, enfin sur
les habitudes du commerce qui exploite les
riches contrées de l'Amérique du Sud:
« ... L'
Amaryllis procera ne se trouve que
sur un versant à peu près à pic d'un rocher
granitique flanquant une des montagnes qui
circonscrivent les vallées du district de Pé-
tropolis; à environ une lieue de cette ville. En-
core n'est-ce que dans la partie supérieure de
ce versant qu'elle est abondante, tout ce qui
en existait dans la partie la plus accessible
ayant été raflé ; et l'on ne s'en procure plus
qu'en s'aidant de cordes et d'échelles. En outre
le propriétaire du terrain, ayant pris l'éveil sur
la valeur de la
flor da Imperatriz, en a interdit
l'entrée par une clôture, d'où il résulte que
M. Binot, jardinier français établi a Petropolis,
introducteur et parrain de l'Amaryllis du
Brésil dans le monde horticole, qui s'était d'a-
bord librement approvisionné, ne sait plus
trop où il se remplacera. Il tient donc la dragée
haute; il n'y a guère qu'un an qu'il donnait
pour 1,000 reis (2f.60) la plante toute empotée
et fleurie ; aujourd'hui il ne livre plus que
pour le quadruple et hors floraison.
« Ce qui a lieu pour l'
Amaryllis procera se
répète à peu de chose près pour tout ce qui
tient à la flore parasite, tant ici que dans
le Brésil entier, et je suppose dans toutes
les contrées tropicales où l'on rencontre des Or-
chidées, Broméliacées, Cactées, Aroïdées,
comme aussi pour les Palmiers, et toutes les
plantes dignes d'attirer l'attention des ama-
teurs. Bien avant que l'on exploitât Petropolis,
qui n'est fondée que depuis 15 ou 16 ans, on
exploitait la
serra do March, aujourd'hui Thé-
resopolis, et
Nova Friburgo, où depuis près
de 40 ans un collecteur français, M. Pinel, tra-
vaille à mettre à sec plusieurs districts. Les
riches amateurs anglais, belges et de tout le
Nord, aussi bien que les maisons qui font le tra-
fic des plantes dans ces contrées, font à grands
frais parcourir le globe par des voyageurs spé-
ciaux pour dénouvrir des nouveautés ou des ra-
retés, sans parler de leurs correspondants à de-
meure dans les localités les plus riches. Ainsi,
à Sainte-Catherine, deux Anglais épuisent la
province de ses belles Orchidées, et la plus belle
de toutes, que l'on ne rencontrait guère que
dans une seule île, a été emballée jusqu'au
dernier turion (pseudo-bulbe), et ce que l'on n'a
pu emporter a été jeté à la mer. [...]