Narcissus

Amaryllidaceae
Tribu : Narcisseae
2007
Nomenclature, origine, sur le web, culture, fournisseurs, bibliographie
Toxicité, Etymologie Mythologie, Folklore, Chine, Japon, Poésie, Philatélie.
N. tazetta : gravure de 1613
Besler, 1613.

Le genre Narcissus, le plus connu de la famille, est un monde en soi.

Son nom, ancré dans l'antiquité grecque depuis le narkissos multiflore odorant de l'hymne à Déméter, s'est chargé d'un lourd symbolisme du fait du mythe de Narcisse.

Son usage décoratif et en tant que parfum semble également remonter à l'antiquité. Devenu objet de commerce, certaines espèces seront exportées fort loin, tel N. tazetta qui s'est naturalisé en plusieurs points de la route de la soie et jusqu'au Japon. L'aire de N. pseudonarcissus a aussi été fortement étendue, vers le nord de l'Europe. Les romains l'auraient amené en Angleterre (?). Plus près de nous, il a été emmené dans leurs bagages par les colons aux USA où il s'est naturalisé.


De longue date le genre fait donc l'objet de culture. Des formes naturelles et des hybrides de jardin remarquables ont ainsi été multipliés. Les premiers botanistes les ont d'ailleurs traités comme espèces, ce qui conduira à bien des confusions. Au fil des derniers siècles les horticulteurs ont produit plusieurs milliers de cultivars, diploïdes ou polyploïdes. Pour s'y retrouver une classification horticole était devenue nécessaire : les narcisses sont répartis en 13 divisions. La 13e regroupant les formes dites "botaniques".

La passion pour les narcisses est toujours bien vivante et les amateurs du monde entier se sont regroupés dans plusieurs "Daffodil Societies".


Les fleurs de ce genre sont remarquables par la présence d'une couronne issue du périgone (parapérigone) et que l'on ne retrouve dans la famille que chez le lointain genre chilien Placea. Cette couronne est de forme et de taille très variable, absente chez le primitif N. canavanillesii, très développée dans la section Bulbocodium, en particulier dans l'espèce N. cantabricus chez les individus de la forme petunioides.

Chaque espèce présente une grande variabilité. Cela a amené les botanistes du passé à décrire un grand nombre de sous-espèces et de variétés, souvent publiées comme espèces. De nombreuses formes individuelles, qui certes méritent d'être distinguées d'un point de vue horticole, mais qui ne font que témoigner de la variabilité au sein des populations, ont également reçu des noms de taxons, var., ssp., voire espèce. La nature n'ayant pas mis de limite aux formes, les nomenclateurs n'en ont pas mis à leur prolixité descriptive ! De telle sorte que le genre est devenu un casse-tête nomenclatural. Ceci est aggravé par une très abondante synonymie (au moins 19 synonymes du seul genre Narcissus : Ajax, Hermione, Tytirus...).

Par ailleurs, les nombreuses espèces s'hybrident naturellement. Les individus, populations et espèces hybrides contribuent aux difficultés de délimiter les espèces, déjà fort variables, et d'en définir les affinités. De sorte que le genre est aussi un casse tête taxonomique. Le nombre d'espèce est diversement apprécié selon les auteurs qui groupent ou séparent plus ou moins les taxons. Les botanistes s'entendent aujourd'hui à diviser le genre en 10 sections. Mais on aimerait bien établir une solide phylogénie du genre.

La biologie et l'écologie sont également largement méconnues. On sait par exemple peu de chose des pollinisateurs ou des mécanismes d'évolution du genre Narcissus. Le genre sert actuellement de modèle d'étude des mécanismes génétiques et écologiques d'évolution de l'hétérostylie (voir la bibliographie de S.C.H. Barrett et J.D. Thompson).


NB: Plusieurs taxons rares ou localisés font actuellement l'objet d'indispensables mesures de protection.

Narcissus L.

Publication : Linné 1753, Sp. Pl. 289.

Type : N. poeticus L.

Origine du nom : Le mot Narkissos était déjà employé pour désigner une fleur à l'époque homérique (Hymne à Déméter, VIe siècle avant notre ère) puis est retrouvé dans Théophraste (- IIIe siècle).

Synonymes : (sous réserves) Ajax Salisb. 1812; Autogenes Raf. 1838; Braxireon Raf. 1838; Carregnoa; Chione Salisb. 1866 (homonyme post.); Codiaminum Raf. 1838; Corbularia Salisb. [ou : Haw. ?] ex Herb., 1837; Ganymedes Haw. 1819; Helena Haw. 1831 (homonyne post.); Hermione Salisb. ex Haw. 1819; Jonquilla Haw. 1831; Moskerion Raf. 1838; Oileus Haw. 1831; Patrocles Salisb. 1866; Plateana Salisb. 1866; Queltia Salisb. ex Haw., 1812 [ou 1819 ?]; Stephanophorum Dulac 1867 nom. illeg.; Tapeinanthus Herb.1837 [ou 1832 ?] (homonyme post.); Tityrus Salisb. 1866.

Sections : .

Espèces : 35 à 70 selon les auteurs.

Noms communs : Voir les noms vernaculaires du Narcissus poeticus et du N. pseudonarcissus.

Origine

Principalement péninsule ibérique, et pays voisins.
A l'est jusque dans les Carpates ukrainiennes, en Asie mineure et en Chine sur la route de la soie.

Espèces menacées

Phylogénie

Arbre provisoire (inspiré de Graham et Barrett 2004) :

Des études complémentaires paraissent nécessaires pour préciser cet arbre et confirmer ou non la position des sections Narcissus et Tapeinanthus.

Sur le WEB


Espèces
alpestris
angustifolius
assoanus
asturiensis
bertolonii
bicolor
broussonetii
bulbocodium
calcicola
cavanillesii
cantabricus
confusus
cuatrecasasii
cyclamineus
dubius
elegans
fernandesii
gaditanus
hedraenthus
hispanicus
humilis
x intermedius
italicus
jacetanus
jonquilla
juncifolius
longispathus
x medioluteus
minor
moschatus
nanus
nevadensis
obesus
obvallaris
x odorus
pallidiflorus
panizzianus
papyraceus
poeticus
polyanthos
pseudonarcissus
radiiflorus
radinganorum
requienii
romieuxii
rupicola
scaberulus
serotinus
tazetta
tortifolius
triandrus
viridiflorus
watieri
wilkommii
Sections
Apodanthi
Aurelia
Bulbocodii
Ganymedes
Jonquillae
Narcissus
Pseudonarcissi
Serotini
Tapeinanthus
Tazettae

Hybrides
naturels
horticoles

Tapeinanthus

N. cavanillesii = N. humilis

Serotini

N. serotinus

Aurelia

N. broussonetii

Tazettae

N. tazetta
N. italicus
N. elegans
N. papyraceus
N. polyanthos
N. bertolonii
N. panizzianus

Narcissus dubius

N. dubius
N. tortifolius

Narcissus

N. poeticus
N. poeticus ssp. radiiflorus = N. radiiflorus = N. angustifolius

Jonquillae

N. jonquilla
N. fernandesii
N. wilkommii
Narcissus assoanus N. assoanus = N. requienii = N. juncifolius
N. gaditanus
N. viridiflorus

Apodanthi

N. calcicola
N. rupicola
N. rupicola ssp. watieri
N. scaberulus
N. cuatrecasasii

Ganymedes

N. triandrus
ssp. capax

Bulbocodii

N. bulbocodium
N. bulbocodium ssp. praecox
N. obesus
N. cantabricus
N. romieuxii
N. hedraenthus

Pseudonarcissi

N. pseudonarcissus (noms vernaculaires)
N. radinganorum
N. confusus
N. bicolor
N. moschatus
N. alpestris
N. pallidiflorus
N. nevadensis
N. jacetanus
N. hispanicus
N. obvallaris
N. asturiensis
N. nanus
N. minor
N. cyclamineus
N. longispathus

Hybrides "naturels"

N. x intermedius (N. jonquilla x N. tazetta)
N. x medioluteus (N. poeticus x N. tazetta)
N. x odorus (N. jonquilla x N. pseudonarcissus)

Hybrides horticoles

La classification horticole : (13 divisions: div. 10 = bulbocodium, div. 13 = species)
Division 5 - N. triandrus
Division 6 - N. cyclamineus
Division 7 - N. jonquilla
Division 8 - N. tazetta
Division 9 - N. poeticus
Division 10 - N. bulbocodium
Division 13 - species

Culture

Forçage de 'Paperwhite'

Maladies et parasites

Fournisseurs (+)

South hemisphere: inverted seasons.

Bibliographie* (+ hétérostylie, pollinisation, alcaloïdes, lectines, caroténoïdes, divers chimie, AnJBotMadrid)