Les nivéoles : germination

Amaryllidaceae
Leucojum

Val Clavin
Variabilité
Germination


Nivéole, germination

Une grande partie de la vie de la nivéole est cachée à nos yeux, sous terre.

Profitons de la mise à jour fortuite de quelques graines germées pour observer les débuts de cette vie cachée.

Sous la mousse, en juillet

Bien que moins abondantes qu'en fond de vallon, les nivéoles colonisent les éboulis des versants frais. Éboulis de grosses pierres aux interstices comblés de cailloux et d'un peu de terre, couverts de mousse et de feuilles mortes.

Dérapage du pied, la mousse s'arrache et la surface du sol apparait, avec des tortillons blancs, les graines de nivéoles germées.

Plantules de nivéoles.
Les plantules découvertes. La pièce donne l'échelle (diamètre 23 mm).

Les graines sont beiges, ovoïdes.
Elles sont germées, alors que nous sommes fin juillet (26 juillet 2008).
Il en sort un cordon blanc, le cotylédon, qui s'enfonce dans la terre, pour les graines de la droite de la photo.
Les graines du centre sont sur une petite pierre où les plantules n'ont pas pu s'enfoncer. D'où leur développement à l'horizontal et superficiel, sans doute défavorable pour elles, mais qui a l'avantage de nous les montrer dans toute leur étendue.
Des petits bulbes plus agés, restés en surface pour la même raison, les accompagnent.

Notons en outre que les graines sont groupées. Après décomposition du fruits sur le sol, ces graines n'ont pas été dispersées par les animaux.

Les graines germées

Graines germées de nivéoles.

Comme chez les autres Amaryllidacées, lors de la germination, la plantule fait sailli hors de la graine, pôle racinaire en avant. (NB : sur cette première photographie, la très jeune racine est à peine visible au bout du "germe". Voir plus loin)

 

Graines germées de nivéoles.

Cette plantule s'enfonce normalement en terre où un mini bulbe se forme.
Le contenu de la graine s'épuise progressivement puis la graine disparait.
Nous ne reverrons la plante qu'au printemps, lors du développement de la première feuille verte.

Structure des plantules

Graine, plantule et bulbe de nivéoles.
Jeune plantule à gauche. Graine en haut à droite. Jeune bulbe en bas à droite.
Racine et chevelu.

La racine, grêle et tire-bouchonnée, se reconnait aisément (détail du chevelu, à droite.)

Revenons sur la nature du gros cordon blanc situé entre la graine et la racine. Ce n'est pas une tige.

C'est le cotylédon, ou feuille embryonnaire.
Il se compose de trois parties : Une partie distale qui demeure à l'intérieur de la graine, et y puise l'énergie accumulée ; une partie intermédiaire cylindrique, courte, située presque hors du sol ; une partie basale engainante, c'est à dire constituée d'un tube, qui constitue l'écaille la plus externe du bulbe en construction.

Cette partie basale s'insère sur le plateau, tige contractée des bulbes, qui porte en-dessous la racine.
Sur ce plateau, dans la gaine du cotylédon, de nouvelles feuilles se formeront successivement, engainantes à leur base et formant les écailles du bulbe, plates et vertes dans leur partie supérieure aérienne. Les premières feront issue hors du cotylédon par une ouverture existant à la jonction des parties basale et intermédiaire.

Attendons le printemps

Forêt sur éboulis.

Après avoir remis tout en place amoureusement, une pincée de terre sur les graines, quelques feuilles mortes et de la mousse, l'endroit est repéré pour y revenir au printemps 2009...

Premières feuilles

Début avril, chaque jeune plante a maintenant sa première vraie feuille bien développée.
Les jeunes pousses sont en majorité réparties en petits groupes, à quelques décimètres du pied mère, où était posé le fruit de l'année passée.

Jeunes plantes de nivéoles.