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Une amaryllis pour la vie !

La tienne Amye Amarillis la belle
Clément Marot - traduction de Virgile

Culture de l'Hippeastrum.



Cette page est destinée aux débutants désireux de mieux soigner leur amaryllis. Elle n'est pas destinée aux collectionneurs cultivant les Hippeastrum botaniques.

Le nom de la belle

Amaryllis est une bergère de la littérature antique puis des romans et madrigaux du XVIIe siècle. Elle était l'archétype de la belle femme. D'où le choix de son nom pour le Lilium bella-donna.

Amaryllis ou Hippeastrum ?

Dès 1735, puis en 1753, Linné emploie le nom Amaryllis pour un Hippeastrum alors connu sous le nom de Lilium bella-donna. Certains prétendront que Linné désignait en fait une autre plante, d'aspect voisin, d'Afrique du Sud. Résultat : le nom sera utilisé pour deux plantes distinctes, selon les auteurs. En 1987 le nom Amaryllis a été "conservé" pour l'espèce africaine. Il ne doit plus être employé comme nom latin des Hippeastrum. Mais rien n'interdit de continuer d'utiliser comme nom français le doux nom choisi par Linné.

Données "basiques"

On ne confondra pas :

- L'amaryllis (Hippeastrum) originaire d'Amérique tropicale. Non rustique, se cultive en pot à l'abri du gel. De nombreuses variétés fleurissent naturellement au printemps mais sont souvent utilisées comme fleurs de Noël.
C'est d'elle qu'il est question ici.
- L'Amaryllis belladonna originaire d'Afrique du Sud. Celle-ci est rustique et se cultive en pleine terre en sol drainée en exposition sud. Elle n'aime pas être dérangée. Elle fleurit en fin d'été ou début d'automne.
Un moyen de la reconnaître : si vous avez un bulbe en main, remarquez les fines fibres obtenues en déchirant un fragment de tunique ou de feuille sèche.

Le cycle de vie :

La plupart des variétés fleurissent au printemps.

Elles développent leurs feuilles durant la floraison, ou après (moins décoratif).

L'arroser pour la maintenir en végétation jusqu'à fin septembre.

Durant tout l'été les feuilles permettent de reconstituer les réserves du bulbe.

Fin septembre l'arrêt de l'arrosage provoque l'entrée en repos, avec perte des feuilles.

Environ trois mois après, l'arrosage progressif déclenche un nouveau cycle, avec floraison si le bulbe est assez gros.

Choisir une variété

Critères à prendre en compte :

Facilité / difficulté de culture

Certaines variétés, tels les récents hybrides de cybister sont susceptibles d'être plus délicats (sol plus drainant utile) et de réserver quelques mauvaises surprises (la 1e année le bulbe fleurit avant d'avoir fait suffisamment de racines pour s'ancrer dans le sol : renversant !).

Le cultivar 'Germa' (fleurs en trompettes jaune pâle) a un feuillage déroutant en début de végétation (mauvaise tenue).

La plupart des espèces botaniques ont des besoins spécifiques et ne sont pas traité ici. Elles sont de plus introuvables dans le commerce en Europe.

Saison de floraison

Les hybrides ordinaires du commerce fleurissent spontanément au printemps mais on peut les démarrer plus tôt et les faire fleurir à Noël, pourvu qu'ils aient eu une période de repos suffisante à l'avance.

Floraison entre janvier et mars : Hippeastrum papilio, disponible dans le commerce, de culture aisée.

Floraison d'automne : H. reticulatum, repos printanier.

Hippeastrum striatum
H. striatum

Floraison plusieurs fois par an : certaines formes de H. striatum. Ne se trouve plus que chez des familles fidèles à leurs plantes !

Taille de la plante

La plupart des variétés commerciales classiques sont de grande taille, avec de grosses fleurs.

Il existe des formes moins encombrantes tels les Hippeastrum x gracillis, hybrides de petite taille dérivés de H. striatum.

Forme de la fleur

Les hybrides classiques ont des tépales très larges donnant des fleurs de forme trop ronde et sans grâce.

Des hybrides modernes, obtenus à partir d'espèces botaniques, ont des formes originales et gracieuses.

Quelques cultivars ont des fleurs en trompette : 'Germa' (jaune pâle), 'Amputo' (blanc), 'Pink Floyd' (rose).

Photo d'Hippeastrum papilio
H. papilio 

H. papilio a des fleurs de forme distincte.

H. cybister et ses hybrides "à fleur d'orchidée", disponibles depuis peu, ont des tépales très étroits et gracieux. Les fleurs sont petites mais assez nombreuses.

Couleur

Les coloris les plus répandus sont les rouges, roses, blancs et les mélanges striés ou ponctués de ces teintes.

Les fleurs blanches à liseré rouge du type 'Picotee' ont beaucoup de classe et de succès. Le caractère est héréditaire et il existe de nombreux clones plus ou moins beaux, rarement précisément désignés.

Les jaunes et les oranges sont encore rares.

Un mélange original de vert et de rouges se rencontre chez H. papilio et H. cybister, deux espèces botaniques disponibles.

Le bleu n'existe pas dans le genre Hippeastrum et est très rare dans la famille. Le Worsleya ou "amaryllis bleue" est une mythique brésilienne de teinte bleu lilas. Elle est de culture très difficile, rare et coûteuse.

Fleurs simples ou doubles

Parfum

Souvent absent, mais il existe un parfum discret chez certains cultivars tel le très classique 'Apple Blossom'.

Les hybrideurs d'aujourd'hui utilisent des espèces parfumées telles H. brasilianum pour obtenir les futures variétés vedettes.

Feuillage décoratif

Hippeastrum reticulatum
H. reticulatum

H. reticulatum forme stratifolium et ses hybrides ont de larges feuilles prostrées vert sombre marquées d'une ligne médiane blanche ou jaune vert.

H. papilio peut être décoratif par son feuillage en éventail. Ses grandes feuilles ont cependant tendance à s'affaisser en été.

Acheter un bulbe

Date

Prévoir ~ 8 semaines entre plantation et floraison.

La saison de plantation dépend de la date de floraison désirée : automne pour fleurir à Noël, fin d'hiver pour fleurir au printemps.

On trouve aussi de nombreuses potées prêtes à fleurir en fin d'année.

H. reticulatum, vendu en potée fleurie, se trouve en septembre-octobre (chez un fameux marchand d'orchidées, à Courson notamment).

H. papilio, maintenant largement vendu en bulbe nu, se trouve en vente en même temps que les hybrides ordinaires, alors que son bref repos est estival...

Choix d'un bulbe

Choisir un bulbe sain aux belles racines.

Les plus gros bulbes donneront, c'est compréhensible, un plus grand nombre de hampes florales et de fleurs.

Préférez également, pour la rapidité d'installation, les bulbes ayant leurs racines vivantes, bien charnues.

On ne trouve en principe pas de bulbes malades dans le commerce (blessure, pourriture, Stagonospora, ...) mais jetez y un œil par prudence.

Plantation

Quand ?

Aussitôt le bulbe acheté, pour éviter de laisser sécher les racines à l'air.

Chaque année, de préférence, changement de terre lors de la remise en végétation, après les 2-3 mois de repos.

À une date (octobre à mars) selon la période de floraison voulue. Compter environ 2 mois avant les fleurs.

Le pot

La taille du pot : prévoir de laisser au moins 2 cm tout autour entre le bulbe et le pot.

Choisir un pot lourd, en terre. Sinon, ou si acheté dans un pot plastique, le mettre dans un cache pot pesant. Lorsque la hampe grandit, elle penche généralement assez fortement vers la lumière. Le poids des fleurs peut faire basculer l'ensemble si on utilise un petit pot de plastique léger.

Lorsque après quelques années un pot de grande taille sera nécessaire, le poids de terre suffira à stabiliser l'ensemble. Le pot pourra alors être en plastique, pour en limiter le poids et faciliter les manipulations.

(Avec un pot de terre l'eau s'évapore par la surface d'où refroidissement et besoin d'arrosage plus fréquent. Avec un pot en plastique de l'eau peut stagner au fond d'où risque de pourriture. On en tient compte pour les variétés délicates ou précieuses et on n'utilise pas le même mélange ni n'arrose de la même façon.)

Terreau

On peut proposer un mélange de :
- 1/3 de terre de jardin
- 1/3 de sable grossier pour le drainage
- 1/3 d'humus ou de terreau bien décomposé ou encore de tourbe.
(Le risque de ce dernier 1/3, les matières organiques, est de favoriser la pourriture. On l'évite pour certaines espèces botaniques.)

On peut y ajouter 1 cuillerée à dessert de poudre d'os et un engrais à libération prolongé type Osmocote faiblement dosé en azote.

D'une manière générale, éviter l'azote ammoniacal qui favoriserait des germes responsables de pourriture des bulbes.

En pratique

Avant plantation, on peut couper la partie sèche des vieilles racines. On peut également laisser tremper les racines et la base du plateau une nuit dans un peu d'eau.

On laisse environ la moitié du bulbe hors de terre. Cela évite de maintenir le col mouillé par l'arrosage (risque de pourriture) et cela laisse plus de place pour la terre dans le pot, généralement bien petit.

Arrosage et température

Au début l'arrosage maintient le substrat juste humide, pour stimuler le développement de nouvelles racines sans risquer la pourriture. Il sera augmenté progressivement, lors de la croissance de la hampe et des feuilles.

La température peut être maintenue fraîche (13°C) pendant le début du développement des racines. Une température plus élevée (20°C) va ensuite accélérer le développement de la hampe (plus que celui des racines...). On peut dans une certaine mesure jouer sur la température pour accélérer ou ralentir la hampe et la faire fleurir au moment voulu.

L'amaryllis n'est pas une jacinthe. Il n'est pas utile de la mettre au frigo ni à l'obscurité !

On peut prolonger la durée des fleurs en plaçant la plante fleurie au frais, ne serait ce que la nuit.

Détails

Notez que du nectar peut s'écouler des fleurs, particulièrement lorsque l'on remue ou déplace la plante : attention aux meubles. Par contre le pollen ne tache guère et il n'est pas utile d'ôter les étamines.

Lorsque toutes les fleurs d'une hampe sont fanées, on peut laisser la hampe en coupant juste les fleurs (sauf si vous voulez des graines). La hampe va sécher quelque temps après. On peut aussi la couper directement. Attention alors au liquide abondant qui va s'en écouler et tacher les meubles. Notez que la hampe est creuse, au contraire de la hampe pleine de l'Amaryllis belladonna.

Après la floraison : garder ou jeter ?

Société de consommation oblige, on achète, on jette, on rachète... Les vendeurs ont tout intérêt à laisser courir les mythes qui y poussent : "un bulbe 'forcé' ne refleuri plus", "le bulbe s'épuise d'année en année", etc. Mais si le bulbe ne refleuri pas de plus en plus c'est uniquement faute de soins satisfaisants !

Quelques motivations pour jeter :

Manque d'une place convenable pour le cultiver, manque de temps, désir de changer de variété... (pourquoi ne pas donner le bulbe ?).

Quelques motivations pour garder :

Les fleurs seront plus nombreuses au fil des ans. Le bulbe formera une touffe !

Les fleurs seront plus belles l'année suivante. Fleurissant quelques semaines à peine après la plantation, alors que les racines (qui sont normalement permanentes) n'ont pas eu le temps de se reconstituer complètement, la plante n'est pas dans un état physiologique favorable pour donner le meilleur d'elle-même dès la première floraison.
J'ai acheté un 'Picotee' qui à la première floraison n'avait que de vilaines petites fleurs dressées. Mais le vilain petit canard est devenu cygne majestueux à sa deuxième floraison, avec ses grandes fleurs d'une bonne substance et d'une grâce incomparable. C'était la même plante mais pas les même fleurs ! (et il a failli être catalogué comme mauvais clone et passer à la poubelle.)

Les fleurs seront plus nombreuses les années suivantes. Il n'est en effet pas difficile de faire grossir le bulbe. Donc plus de fleurs par hampe et plus de hampes par bulbe !

Bien cultivé, le bulbe forme une touffe dont les rejets fleurissent en quelques années. Jetterait-on une touffe introuvable dans le commerce ?


Certaines amaryllis ne fleurissent pas dans la première année de plantation, comme souvent H. papilio, et sont donc des plantes à garder.

Les Hippeastrum sont hybridés depuis deux siècles mais les hybrides d'avant 1930 sont pratiquement tous disparus.

Les espèces et cultivars difficiles à trouver, les variétés qui ne sont plus commercialisées (vieille forme de H. striatum fleurissant trois fois par an) seront naturellement gardés... C'est le domaine du collectionneur.

Les amaryllis à feuillage décoratif, telle H. reticulatum, sont naturellement gardées. Leur rareté et leur prix y incitent d'ailleurs.

Floraison à Noël : et ensuite ?

L'amaryllis est une plante normalement printanière mais que l'on fait fleurir durant la mauvaise saison : une fois fanée on est bien embarrassé pour lui donner la lumière dont elle a besoin. Ses feuilles s'allongent démesurément, s'avachissent ne pouvant plus se soutenir. Spectacle peu décoratif qui la fait reléguer dans des endroits plus sombres encore. Elle finit vite les feuilles coupées et à la cave au lieu de profiter de l'été jusqu'en septembre.

Entretien au cours de l'année

L'abondance et la durée de la prochaine floraison dépend de la grosseur du bulbe. On a donc tout intérêt à laisser la plante reconstituer ses réserves et grossir en profitant de toute la durée de la belle saison.

Le pot peut être sorti dehors dès que le gel n'est plus à craindre. Il ne sera rentré que pour la mise en repos, en septembre-octobre.

On choisi une place ensoleillée pour le printemps et la fin d'été. Une ombre légère semble préférable à la mi-journée lors des périodes les plus chaudes de l'été.

L'arrosage maintiendra le substrat légèrement humide en permanence. Pendant la saison chaude cela nécessite des arrosages quasi quotidien, surtout si le pot est trop petit.

Faut-il de l'engrais ? Si le bulbe a été récemment planté avec de l'humus, du terreau de feuilles par exemple, ou si des billes d'engrais à libération prolongée ont été mélangées à la terre cela suffira pour une saison de croissance.
Sinon, si la plante est dans la même terre depuis plus d'un an, on ajoute de l'engrais liquide à l'eau d'arrosage. Il semble préférable d'apporter à l'amaryllis un engrais très dilué quotidiennement plutôt que la même quantité par à-coups, tous les quinze jours.
Dans tous les cas, il faut un engrais pauvre en azote (risque de pourriture).

Mise en repos en fin d'été

Mi septembre, tout apport d'engrais soluble est suspendu et l'arrosage est diminué. Il est stoppé en fin septembre ou début octobre et le pot est placé à l'abri de la pluie. Progressivement les plus vieilles feuilles vont jaunir et sécher. Ces feuilles jaunes peuvent être ôtées. D'autres feuilles peuvent persister longtemps.
Si un emplacement frais (13°C) très lumineux est disponible on peut y placer la plante encore feuillue, avec seulement un arrosage très léger toutes les 3 semaines environ. Sinon, une fois la terre sèche, on peut couper les feuilles restantes et ranger le pot au frais en y laissant le bulbe en terre (hors gel, lumière indifférente).

Au frais (9-13°C) et presque au sec, la plante reste en repos (avec ou sans feuilles). Une durée de repos de 2 à 3 mois est nécessaire pour induire une prochaine floraison.

Remise en végétation

Après un repos suffisamment long, le bulbe est dépoté, débarrassé de la terre, remis en pot dans un mélange comme ci-dessus et arrosé d'abord modérément. Floraison environ 2 mois plus tard.

Bien entretenue, changée de terre régulièrement, arrosé avec un peu d'engrais, l'amaryllis grossit d'année en année, puis des cayeux se forment, grossissent et fleurissent. On peut les séparer lors d'un rempotage, ou choisir de les laisser en une grosse potée.

Hippeastrum
Hippeastrum botanique (H. striatum f. flammigerum) et cultivar moderne ('Mélusine').