Les noms français de
Galanthus nivalis et Leucojum vernum

Amaryllidaceae

Galanthus
Leucojum
14 mars 2008
La Perceneige. (Madrigal)

Sous un voile d'argent la Terre ensevelie
Me produit malgré sa fraîcheur :
La Neige conserve ma vie,
Et me donnant son nom me donne sa blancheur
...
Isaac de Benserade,
in: la guirlande de Julie, 1641.

Galanthus nivalis (perce-neige) et Leucojum vernum (nivéole du printemps) sont deux espèces d'aspect très voisin et fleurissant à la même saison.

Sans doute les a t-on longtemps confondues et nommées toutes deux "Perce-neige" (ou "Campane", etc. selon les provinces).

Au milieu du 18e siècle, Linné place ces deux espèces dans des genres distincts. Il semble que c'est à partir de ce moment que les noms "Galanthe" et "Leucoie" ainsi que "Nivéole" sont créés pour désigner en français ces genres distincts.

Finalement ce sont "Perce-neige" et "Nivéole" qui s'imposeront comme noms communs. Mais le premier, "Perce-neige", prêtera encore longtemps à confusion !

Galanthus Leucojum

NB : Les noms regroupés sur cette page sont de valeurs très diverses, noms vernaculaires, rarement cités dans les ouvrages botaniques, pour les uns ; créations savantes jamais utilisées en pratique pour d'autres. Il faut aussi être conscient des auteurs qui persistent dans la confusion des espèces !


Baguenaudier de printemps
G. nivalis : Derive 1839 ; Besnou 1866.
Baguenaudier d'hiver
G. nivalis : Buchoz 1770 ; Anonyme 1793 ; Derive 1839 ; Besnou 1866.
L. vernum : Fillassier 1830 p.371.
Béguenaude
G. nivalis : 1911, dans le Perche ; Dud'huit 1979.
Begnaude (n.f.)
G. nivalis : Montesson 1859 p.86.

Bergougnouso
G. nivalis : Couzinié 1850.

Tarn (langue romano-castraise).
Ce mot ou son homonyme est présent dans le vocabulaire gascon.


Bouonnefemmes
G. nivalis : Web:VPJ, Jersey

Campane blanche (variante : Campana blanche, 1884)
G. nivalis : Buchoz 1770 ; Anonyme 1793 ; Derive 1839 ; Besnou 1866 ; Witte 1888.
Campane des neiges
G. nivalis : Witte 1888.
Campane
L. vernum : Fillassier 1830 p.371.
Campenotte blanche
L. vernum : Dans le Doubs, Ch. Beauquier 1881 p.65.
Cloche blanche
G. nivalis : Buchoz 1770 ; Rozier 1809 ; Cuvier 1817 p.412 ; Derive 1839.
L. vernum : Poiret 1811 ; Sève 1817 p.197 ; Fillassier 1830 p.371.
Cloche d'hiver
G. nivalis
Clochette d'hiver
G. nivalis : Besnou 1866 ; Witte 1888 ; Bonnier.

Peut-être "campane..." est-il un nom vernaculaire ancien, ou régional, et "cloche..." un dérivé modernisé ? (Cf. aussi l'espagnol "Campanilla de invierno").
Le nom "Campanule blanche" semble avoir été employé au 18 et 19e.


Chandeleur
G. nivalis : Du Bois 1856 ; Montesson 1859 p.129.

C'est une des fleurs de la Vierge Marie. Signalé du Haut-Maine, "Porillon de la Chandeleur" et "Violette de la Chandeleur" sont également mentionné d'Anjou.


Galant d'hiver
G. nivalis : Lestiboudois 1781 ; Derive 1839 ; Besnou 1866 ; Bonnier.
Galanthe d'hiver
G. nivalis : Le Bon jardinier 1833.
Galanthe des neiges
G. nivalis : Rozier 1796 p.526 ; Bonnier.
Galanthe printanier
G. nivalis : Fée 1832.
Galanthine, Galantine
G. nivalis : Sève 1819 p.356, sans h ; Wailly 1827, sans h ; Le Bon jardinier 1833 ; Ménière 1881, avec et sans h ; Bonnier.
Galantine nivéole
G. nivalis : Derive 1839.
Galanthine perce-neige
G. nivalis : De Candolle 1805, sans h ; Sève 1819 p.78 ; Vandermaelen 1833, sans h ; Montesson 1859.

Est-ce la traduction du genre Galanthus de Linné ? Ou bien, à l'inverse, est-ce son origine ?

Goutte de lait
G. nivalis : 1885 ; Fournier 1946.

Gottreusa
L. vernum : Bridel 1866 (Suisse Romande) ; Wartburg 1928.

Littéralement : "goitreuse" (bulbe). Cf. "Gottrausa", narcisse des poètes


Grelot blanc
L. vernum : Vilmorin-Andrieux et cie 1870 p.756 ; Witte 1888 ; Bonnier.

Leucoie printanier
L. vernum : Rozier 1796 p.525 ; Derive 1839 p.40.
Leucoion du printemps
L. vernum : Audouin 1826 p.328.
Leucoium du printemps
L. vernum : Derive 1839 p.40.

Francisation du nom Leucojum vernum de Linné (+/- persistance de l'ancien nom leucoion). Probablement jamais employé hors publications savantes.


Nivéole
G. nivalis : Besnou 1866 ; Vilmorin-Andrieux et cie 1870 p.418, en synonyme.
Nivéole du printemps
L. vernum : Cuvier 1825 p.116 ; Le Bon jardinier 1833 ; Derive 1839 p.40 ; Drapiez 1841 ; Bonnier, en titre.
Nivéole printanière
L. vernum : De Candolle 1805 ; Sève 1818 p.12 ; Bonnier, en "nom vulgaire".

Serait un dérivé savant du latin "niveus" créé au 18e siècle.


Perce-neige, Perceneige
? : Collectif 1641, en un seul mot ; Du Fresne 1731 ; Richelet 1739 ;
G. nivalis : Buchoz 1770, en un mot ; Le Bon jardinier 1833 ; Derive 1839 ; Besnou 1866 ; Bonnier.
L. vernum : Rozier 1796 p.525 ; Poiret 1811 ; Cuvier 1825 p.116, "vulgairement perce-neige" ; Audouin 1826 p.328 ; Le Bon jardinier 1833 ; Derive 1839 p.40 ; Drapiez 1841 p.689 ; Vilmorin-Andrieux et cie 1870 p.756.
Perce-neige d'hiver
G. nivalis : Fillassier 1830 p.370.
Perce-neige du printemps
L. vernum : Fillassier 1830 p.371 ; Vandermaelen 1833.
Perce-neige printanière
L. vernum : Lestiboudois 1781 ; Sève 1819 p.78.

Perce-neige est un nom littéraire ancien qui désignait vraisemblablement les deux espèces.


Porillon de la Chandeleur
G. nivalis : Ménière 1881.

"Poireau". Porillon désigne ailleurs des narcisses.


P'tite nue
G. nivalis : Web:VPJ, Jersey

Pucelle
G. nivalis : Sève 1819 ; Derive 1839 ; Besnou 1866.

Fleur symbole de virginité et de pureté. (C'est une des fleurs dédiées à la Vierge Marie ; D'où également "Chandeleur" *).


Violette de février
G. nivalis : Buchoz 1770 ; Cuvier 1825 p.238 ; Derive 1839 ; Besnou 1866.
L. vernum : Sève 1819 p.78 ; Fillassier 1830 p.371.
Violette de la chandeleur
G. nivalis : Sève 1819 p.78 ; "dans l'Anjou, suivant M. Desvaux." Cuvier 1825 p.238 ; Derive 1839 ; Besnou 1866 ; Ménière 1881.
Violier bulbeux
G. nivalis : Buchoz 1770 ; Cuvier 1825 p.239 ; Derive 1839 ; Besnou 1866.
Violier d'hiver
G. nivalis : Anonyme 1793 ; Cuvier 1825 p.239 ; Derive 1839 ; Besnou 1866.

La filiation de ces appellations semble venir du nom de Théophraste "leucoion", littéralement violette blanche.
L'appellation "giroflée de printemps" pour le perce-neige semble avoir été utilisée au 19e. Vraisemblablement liée au double sens du leucoion : giroflée et perce-neige.


Références citées*

Rappel : les bibliographies du site sont en ordre chronologique.

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